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Portés disparus
Répondre à l’absentéisme des enseignants

Parmi les personnes qui font la navette entre leur domicile et leur lieu de travail, Jackson Kanani, principal adjoint dans une zone rurale, se fraie un chemin sur la route inondée pour atteindre l’école à Funyula Basia, au Kenya. Jackson, professeur á l’école primaire de Bukhwamba fait partie de ces enseignants qui affrontent les difficultés de devoir enseigner aux futurs universitaires, et futurs hommes et femmes d’affaire du Kenya. Certains professeurs parcourent jusqu’a 15 km par jour pour atteindre leur école et sont faiblement rémunérés pour leurs efforts. © 2006 Felix Masi, gracieuseté de Photoshare (Version agrandie)
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L’absentéisme des enseignants est un obstacle majeur à l’amélioration de l’éducation dans certains pays en développement, en particulier en Asie du Sud. Les gouvernements consacrent souvent 70 à 90 pour cent du budget de fonctionnement de l’éducation aux salaires des enseignants, sans le moindre retour sur un tel investissement.
L’absence excessive d’un enseignant peut mener à des chutes brusques dans l’apprentissage des élèves. Bien souvent, il n’y a pas de personnel disponible pour remplacer l’enseignant absent, et les petites écoles rurales doivent parfois fermer pour la journée.
Encore récemment, il existait peu de données capables de montrer à quel point l’absentéisme des enseignants est grave et comment les décideurs politiques et les communautés peuvent y répondre. Dans le cadre d’un projet de recherche de la Banque mondiale, des enquêtes ont été menées entre 2002 et 2003 sur des échantillons aléatoires au sein, d’écoles primaires au Bangladesh, en Équateur, en Inde, au Pérou et en Ouganda.
Les équipes chargées des enquêtes ne se sont pas basées sur les registres de présence, qui peuvent être inexacts. Elles ont plutôt effectué des visites de classe surprises pour vérifier la présence des enseignants. L’enquête a montré qu’en moyenne 19 pour cent des enseignants du primaire étaient totalement absents. Quelques constats de cette enquête:
- Les taux moyens les plus élevés d’absence se trouvaient en Ouganda (27 pour cent) et en Inde (25 pour cent sur le plan national, allant jusqu’à environ 40 pour cent dans le Bihar et le Jharkhand). Ces taux sont largement au-dessus de ce que l’on pourrait attendre par rapport aux taux d’absences justifiées, pour congé de maladie et pour formation par exemple.
- En moyenne, le taux d’absence des enseignants était beaucoup plus élevé dans les régions plus pauvres. En doublant théoriquement le revenu d’une région par personne, on réduit les taux d’absence de 8 points de pourcentage (passant par exemple de 25 à 17 pour cent).
- Les enseignants qui sont mieux payés sont absents aussi souvent que les autres. Les enseignants ont peu de raisons de craindre de perdre leur emploi à cause de leurs mauvaises performances. En Inde par exemple, seulement 1 chef d’établissement sur 3 000 a déjà renvoyé un enseignant pour cause d’absentéisme.
- Les écoles qui encouragent la présence au travail – grâce par exemple à des inspections de l’enseignement plus fréquentes et à une infrastructure et un matériel de meilleure qualité – ont des taux d’absence plus bas.
- En Inde, les taux d’absence des enseignants dans les établissements privés sont quatre fois moins élevés que dans les établissements publics dans les mêmes villages.
D’après les chefs d’établissement, rares sont les absences justifiées, par exemple pour maladie ou pour devoirs officiels non liés à l’enseignement, comme la surveillance d’élections. De nombreuses absences ne sont ni justifiées, ni portées à la connaissance du chef d’établissement.
Les décideurs politiques doivent expérimenter différents types d’interventions:
- améliorer les conditions de travail des enseignants, par exemple en modernisant l’infrastructure et l’équipement de l’établissement
- récompenser directement les enseignants pour leurs performances, soit grâce à un système de promotion, soit par des bonus liés à l’apprentissage accéléré des élèves – une approche mise à l’essai avec succès dans les écoles publiques d’Andhra Pradesh, en Inde
- expérimenter un contrôle local des établissements scolaires plus important, par exemple en informant mieux les associations de parents ou les comités de gestion des écoles et en mettant à leur disposition de nouveaux outils pour soutenir, recruter et licencier les enseignants – des programmes tels que EDUCO au Salvador montrent que cela pourrait réduire l’absentéisme des enseignants
- augmenter la fréquence des inspections des établissements publics et leur portée
- permettre aux écoles privées de faire concurrence aux écoles publiques, en particulier dans les régions rurales où les taux d’absence sont élevés et les écoles publiques moins efficaces - au Pakistan et en Inde, les familles pauvres et de classe moyenne sont prêtes à payer pour un enseignement privé, là où le gouvernement échoue à garantir des standards minimum.
Halsey Rogers
World Bank,1818 H St., NW, MSN MC3-311, Washington, DC 20433, USA
hrogers@worldbank.org
Voir aussi
Absenteeism of Teachers and Health Workers
http://econ.worldbank.org/projects/absenteeism
Getting Teachers and Doctors to Report to Work
Lien
Teacher Incentives in Developing Countries: Experimental Evidence from India, unpublished paper, Harvard University and World Bank, by Karthik Muralidharan and Venkatesh Sundararaman, 2006
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